Comment calculer la rentabilité locative
La rentabilité locative est le ratio entre les revenus générés par un bien immobilier et son coût d'acquisition. C'est l'indicateur fondamental de tout investisseur immobilier, car il permet de comparer des biens entre eux et de mesurer la performance réelle d'un investissement.
Il existe trois niveaux de rentabilité, chacun intégrant progressivement plus de charges et de fiscalité. Comprendre ces trois niveaux est essentiel pour ne pas surestimer la performance d'un investissement.
Rentabilité brute
La rentabilité brute est le calcul le plus simple. Elle ne tient compte que du loyer annuel et du prix total d'acquisition du bien.
Formule
Rendement brut = (Loyer annuel / Coût total d'acquisition) × 100
Le coût total d'acquisition comprend : le prix d'achat du bien, les frais de notaire (environ 7,5 % dans l'ancien, 2,5 % dans le neuf), les éventuels frais d'agence et le montant des travaux de rénovation. La rentabilité brute est un premier filtre utile pour comparer rapidement des biens, mais elle ne reflète pas la rentabilité réelle.
Rentabilité nette (avant impôts)
La rentabilité nette déduit l'ensemble des charges annuelles du loyer avant de diviser par le coût d'acquisition.
Formule
Rendement net = ((Loyer annuel − Charges annuelles) / Coût total) × 100
Les charges annuelles incluent : la taxe foncière, les charges de copropriété non récupérables, l'assurance propriétaire non occupant (PNO), l'assurance loyers impayés (GLI), la provision pour entretien et travaux courants, et les éventuels frais de gestion (si vous déléguez à une agence). En général, la rentabilité nette est inférieure de 1 à 3 points à la rentabilité brute.
Rentabilité net-net (après impôts)
C'est la rentabilité réelle, celle qui compte vraiment. Elle intègre la fiscalité, qui varie considérablement selon le régime choisi : SCI à l'IR (impôt sur le revenu + prélèvements sociaux à 17,2 %), SCI à l'IS (15 % puis 25 %), micro-foncier (abattement de 30 %), ou régime réel (déduction des charges réelles).
En SCI à l'IR, un propriétaire dans la tranche marginale à 30 % paiera 30 % + 17,2 % = 47,2 % d'imposition sur son résultat foncier net. C'est pourquoi le choix du régime fiscal a un impact majeur sur la rentabilité réelle. Le simulateur ci-dessus vous permet de comparer les différents scénarios.
Qu'est-ce qu'un bon rendement locatif ?
La notion de « bon rendement » dépend de la localisation, du type de bien, et de votre stratégie. Voici des ordres de grandeur pour la France en 2025 :
| Localisation | Rendement brut moyen | Appréciation |
|---|---|---|
| Paris intra-muros | 3 – 4 % | Faible rendement, forte plus-value potentielle |
| Grandes métropoles (Lyon, Bordeaux, Nantes) | 4 – 6 % | Équilibre rendement / sécurité |
| Villes moyennes (Rennes, Strasbourg, Toulouse) | 5 – 8 % | Bon rendement, demande locative solide |
| Petites villes et zones rurales | 7 – 12 % | Rendement élevé, risque de vacance |
L'indicateur le plus pertinent reste le cash-flow mensuel net. Un bien qui génère un cash-flow positif — c'est-à-dire dont les loyers couvrent l'intégralité des charges, du crédit et des impôts — est un investissement qui s'autofinance. C'est l'objectif que tout investisseur devrait viser.
L'impact de la fiscalité SCI sur la rentabilité
Le choix entre SCI à l'IR et SCI à l'IS a des conséquences majeures sur la rentabilité à court et long terme.
SCI à l'IR : Les revenus fonciers sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers de chaque associé, au barème progressif de l'IR (0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 %), auxquels s'ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %. L'avantage : la possibilité de créer du déficit foncier (jusqu'à 10 700 €/an imputable sur le revenu global) grâce aux travaux d'entretien et aux intérêts d'emprunt.
SCI à l'IS : Les bénéfices sont imposés à l'impôt sur les sociétés : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà. L'avantage majeur : la possibilité d'amortir le bien (hors terrain), ce qui réduit significativement le résultat imposable les premières années. L'inconvénient : la double imposition à la revente (IS sur la plus-value + IR sur les dividendes distribués).
Utilisez le simulateur ci-dessus pour comparer les deux régimes avec vos chiffres réels. Et pour une gestion fiscale automatisée, Coziloc catégorise vos charges et prépare les éléments déclaratifs (2044, 2072) automatiquement.