Caution
Juridique & légalPersonne physique ou morale qui s'engage, par un acte écrit, à régler le loyer et les charges à la place du locataire si celui-ci ne paie pas. On distingue la caution simple, où le bailleur doit d'abord poursuivre le locataire défaillant avant de se retourner contre le garant, et la caution solidaire, bien plus protectrice, qui autorise le propriétaire à réclamer directement les sommes dues au garant sans attendre. L'engagement de caution doit comporter des mentions obligatoires précises sur le montant garanti et la connaissance qu'a la caution de la portée de son engagement, sous peine de nullité. Pour un même bail, le bailleur ne peut en principe pas cumuler une caution personnelle avec une assurance loyers impayés, sauf si le locataire est étudiant ou apprenti. La garantie Visale d'Action Logement constitue une alternative gratuite à la caution familiale traditionnelle.
Source : Articles 2288 et suivants du Code civil
Exemple concret
Un étudiant loue un studio à 550 € hors charges à Lille. Pour rassurer le bailleur, son père se porte caution solidaire et signe un engagement écrit comportant les mentions obligatoires. Si l'étudiant ne paie pas son loyer pendant deux mois, le propriétaire peut réclamer directement au père les 1 100 € dus, sans avoir à poursuivre d'abord l'étudiant. À l'inverse, avec une caution simple, le bailleur aurait dû épuiser ses recours contre l'étudiant avant de se tourner vers son père.
Charges déductibles (revenus fonciers)
FiscalDépenses réellement supportées par le bailleur qui viennent en diminution des loyers bruts pour déterminer le revenu foncier imposable, lorsque le propriétaire relève du régime réel. Elles couvrent notamment les frais de gestion et d'administration, les primes d'assurance comme la PNO et la garantie loyers impayés, les travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration, les charges de copropriété non récupérables sur le locataire, la taxe foncière à l'exclusion de la part d'enlèvement des ordures ménagères, ainsi que les intérêts et frais d'emprunt. Chaque catégorie correspond à une ligne précise de la déclaration 2044. Pour être déductible, une charge doit être engagée pour l'acquisition ou la conservation du revenu, être effectivement payée durant l'année et pouvoir être justifiée. Lorsque le total des charges dépasse les loyers encaissés, le propriétaire constate un déficit foncier, partiellement imputable sur son revenu global, ce qui peut réduire sensiblement son impôt après une année de travaux importants.
Source : Article 31 du Code général des impôts, déclaration 2044
Exemple concret
Un bailleur au régime réel perçoit 12 000 € de loyers nets par an pour un appartement loué nu à Toulouse. Il a engagé 1 800 € de travaux d'entretien, 250 € d'assurance PNO, 900 € de taxe foncière et 3 000 € d'intérêts d'emprunt, soit 5 950 € de charges déductibles. Son revenu foncier imposable n'est donc que de 6 050 €, contre 12 000 € s'il relevait du micro-foncier avec un simple abattement de 30 %.
Charges récupérables
PratiqueDépenses avancées par le bailleur qu'il est en droit de refacturer au locataire parce qu'elles correspondent à des services dont ce dernier profite : entretien courant des parties communes, eau froide et chaude consommée, électricité des communs, menues réparations, ascenseur, chauffage collectif et taxe d'enlèvement des ordures ménagères. La liste de ces charges est strictement encadrée par décret : le bailleur ne peut récupérer que ce qui y figure, jamais les grosses réparations ni les charges relevant du propriétaire. En pratique, le locataire verse chaque mois une provision pour charges, dont le montant est estimé à partir des dépenses prévisibles. Une fois par an, le bailleur procède à une régularisation : il compare le total des provisions encaissées aux charges réellement payées, puis rembourse le trop-perçu ou réclame le complément, en tenant les justificatifs à la disposition du locataire pendant six mois.
Source : Décret n° 87-713 du 26 août 1987
Exemple concret
Une propriétaire encaisse chaque mois 80 € de provisions pour charges auprès de son locataire, soit 960 € sur l'année. À la régularisation annuelle, elle constate que les charges récupérables réelles (eau, entretien des communs, taxe d'enlèvement des ordures ménagères) se sont élevées à 1 040 €. Elle réclame donc au locataire le complément de 80 €, justificatifs à l'appui. Si les charges réelles n'avaient été que de 900 €, c'est elle qui aurait dû rembourser 60 € au locataire.
Clause d'indexation
Baux & contratsStipulation du bail qui autorise le bailleur à réviser le loyer une fois par an en fonction de l'évolution d'un indice de référence publié par l'INSEE : l'indice de référence des loyers pour l'habitation, l'indice des loyers commerciaux ou l'indice des loyers des activités tertiaires pour les baux professionnels et commerciaux. En l'absence d'une telle clause inscrite au contrat, aucune augmentation du loyer n'est possible en cours de bail, hors travaux d'amélioration ou loyer manifestement sous-évalué. La révision n'est jamais automatique : elle suppose une demande active du propriétaire, formulée dans l'année qui suit la date de révision prévue, faute de quoi le bénéfice de l'augmentation est perdu pour l'année écoulée. Le nouveau loyer se calcule en multipliant le loyer en cours par le rapport entre le dernier indice connu et l'indice de référence figurant au bail, sans pouvoir dépasser ce plafond.
Source : Article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989
Exemple concret
Un bail signé en mars prévoit une clause d'indexation sur l'IRL pour un loyer de 800 €. Un an plus tard, l'IRL a progressé de 3,5 %. Le bailleur peut alors porter le loyer à 828 € (800 × nouvel IRL / IRL de référence), à condition d'en faire la demande dans l'année qui suit la date de révision. S'il oublie de demander cette révision pendant plus d'un an, il perd définitivement le bénéfice de l'augmentation pour la période écoulée.
Compromis de vente
Juridique & légalAvant-contrat par lequel le vendeur et l'acquéreur d'un bien immobilier s'engagent réciproquement et fermement à conclure la vente définitive, l'un à vendre et l'autre à acheter, à un prix convenu. Il est généralement assorti de conditions suspensives — obtention d'un prêt, absence de servitude d'urbanisme ou de droit de préemption, purge des hypothèques — dont la non-réalisation libère les parties sans pénalité. L'acquéreur non professionnel bénéficie d'un délai légal de rétractation de dix jours, courant à compter de la notification du compromis, durant lequel il peut renoncer librement et sans motif. Un dépôt de garantie, souvent compris entre cinq et dix pour cent du prix, est en pratique consigné chez le notaire ou l'agent immobilier ; il s'impute sur le prix lors de la signature de l'acte authentique, mais peut rester acquis au vendeur si l'acquéreur se rétracte hors délai légal.
Source : Article L. 271-1 du Code de la construction et de l'habitation
Exemple concret
Un acquéreur signe un compromis pour un appartement à 250 000 € à Montpellier, sous condition suspensive d'obtention d'un prêt. Il verse un dépôt de garantie de 12 500 € (5 % du prix) chez le notaire et dispose de dix jours pour se rétracter librement. Si sa banque refuse le crédit, la condition suspensive joue et il récupère l'intégralité de son dépôt. En revanche, s'il renonce sans motif après le délai de rétractation, le vendeur peut conserver les 12 500 €.
Congé pour reprise
Juridique & légalNotification par laquelle le bailleur met fin au bail à son terme afin d'occuper lui-même le logement ou d'y loger un proche : son conjoint, son partenaire de PACS, son concubin notoire, un ascendant ou un descendant, qu'il soit le sien ou celui de son conjoint. Le congé respecte les mêmes délais que le congé pour vente, soit six mois avant l'échéance en location vide et trois mois en location meublée, et doit être notifié par lettre recommandée, acte d'huissier ou remise en main propre. Il doit impérativement désigner nommément le bénéficiaire de la reprise et préciser le lien qui l'unit au bailleur, ainsi que le caractère réel et sérieux du motif. Un congé frauduleux, donné sans intention réelle d'habiter, expose le bailleur à l'annulation du congé et à des dommages et intérêts au profit du locataire évincé, ainsi qu'à des sanctions pénales lorsque la fraude est caractérisée par le juge.
Source : Article 15 I de la loi du 6 juillet 1989
Exemple concret
Une propriétaire veut récupérer son appartement loué à Strasbourg pour y loger sa fille étudiante. Le bail s'achevant le 31 août, elle envoie un congé pour reprise par lettre recommandée au plus tard le 28 février, soit six mois avant. Le congé désigne nommément sa fille comme bénéficiaire et précise le lien de parenté. Si la fille n'emménageait finalement jamais, le locataire évincé pourrait contester le congé en justice et réclamer des dommages et intérêts.
Congé pour vente
Juridique & légalNotification par laquelle le bailleur met fin au bail à son échéance dans le but de vendre le logement libre de toute occupation. Le congé doit être délivré par lettre recommandée avec accusé de réception, par acte d'huissier ou remise en main propre contre récépissé, en respectant un préavis d'au moins six mois avant le terme du bail en location vide, ou trois mois en location meublée. Dans le cadre d'une location nue, ce congé vaut offre de vente au profit du locataire, qui dispose d'un droit de préemption : il peut acquérir le bien en priorité au prix et aux conditions indiqués dans la lettre. Le locataire bénéficie alors d'un délai pour accepter et, le cas échéant, pour obtenir son financement. Si le bailleur baisse ensuite son prix au profit d'un tiers, le notaire doit en informer le locataire, qui retrouve son droit de préférence.
Source : Article 15 II de la loi du 6 juillet 1989
Exemple concret
Un bailleur souhaite vendre son appartement loué nu à Rennes, dont le bail arrive à échéance le 30 juin. Il doit adresser au locataire, au plus tard le 31 décembre précédent (six mois avant), un congé pour vente par lettre recommandée indiquant le prix de 200 000 €. Ce congé vaut offre de vente : le locataire dispose d'un droit de préemption et peut acheter le bien en priorité à ce prix avant tout acquéreur extérieur.