Loyer impayé : la procédure complète étape par étape

Révisé parCG Legal cabinet d'avocatsMis à jour le

Que faire en cas de loyer impayé en 2026 ? Voici la procédure complète, étape par étape, du premier retard à l'expulsion : délais légaux, coûts à prévoir, aides mobilisables (GLI, Visale, FSL, CCAPEX), et la trêve hivernale. Pour agir vite et bien dès le 5e jour de retard.

Chronologie de la procédure loyer impayé
ÉtapeAction
1Relance amiable (téléphone + courrier simple)
2Mise en demeure par LRAR
3Commandement de payer (huissier) — 6 semaines pour régulariser
4Assignation devant le juge des contentieux
5–6Commandement de quitter les lieux + expulsion

Les 6 étapes de la procédure

Du premier retard à l'expulsion effective, voici la chronologie légale détaillée. Les délais cumulés représentent généralement 12 à 24 mois en pratique.

  1. 1

    Relance amiable

    J+5 à J+15

    Dès le 5e jour de retard, contactez le locataire par téléphone, SMS ou email pour identifier la cause (oubli, difficulté passagère, conflit). Suivez avec un courrier simple récapitulant le montant dû et la date butoir de régularisation. Cette étape résout la majorité des situations sans escalade. Conservez systématiquement la trace écrite.

    Coût : Gratuit
  2. 2

    Mise en demeure par LRAR

    J+30 à J+45

    Si le locataire ne répond pas ou ne paye pas, envoyez une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Le courrier doit indiquer : le montant dû avec détail mois par mois, le délai accordé pour payer (généralement 15 jours), les conséquences en cas de non-paiement (procédure judiciaire). Ce document constitue la preuve formelle de l'impayé.

    Coût : ~7 €
  3. 3

    Commandement de payer (huissier)

    J+60 à J+75

    Si la mise en demeure reste sans effet, faites délivrer un commandement de payer par un commissaire de justice (ex-huissier). Si le bail contient une clause résolutoire (cas standard), le locataire dispose de 6 semaines pour régler la totalité de la dette, faute de quoi le bail est résilié de plein droit.

    Coût : ~150 € HTSource : Article 24 de la loi du 6 juillet 1989
  4. 4

    Assignation devant le juge des contentieux

    J+135 à J+200

    Six semaines après le commandement de payer non régularisé, vous saisissez le juge des contentieux de la protection (TJ) via un commissaire de justice. L'audience est fixée 3 à 6 mois après la saisine. Le juge constate la résiliation du bail, fixe le montant dû, accorde éventuellement des délais de paiement (jusqu'à 36 mois) et ordonne l'expulsion.

    Coût : ~400 € HTSource : Article L. 412-1 du Code des procédures civiles d'exécution
  5. 5

    Commandement de quitter les lieux

    J+300 à J+540

    Une fois le jugement obtenu, signifiez-le au locataire par voie d'huissier accompagné d'un commandement de quitter les lieux. Le locataire dispose alors d'un délai de 2 mois pour libérer le logement, sauf délai supplémentaire accordé par le juge. La trêve hivernale (1er novembre au 31 mars) suspend toute expulsion.

    Coût : ~150 € HTSource : Articles L. 411-1 et L. 412-6 du Code des procédures civiles d'exécution
  6. 6

    Expulsion avec concours de la force publique

    J+540 et au-delà

    Si le locataire ne quitte pas les lieux, l'huissier sollicite le concours de la force publique auprès du préfet. Le préfet dispose de 2 mois pour répondre (silence valant refus, ouvrant droit à indemnisation par l'État). En cas d'accord, l'expulsion est exécutée. Le bailleur récupère son logement, mais la dette antérieure reste à recouvrer.

    Coût : Variable selon difficultésSource : Article L. 153-1 du Code des procédures civiles d'exécution

Les aides à mobiliser

Selon votre situation, plusieurs dispositifs peuvent réduire vos pertes ou éviter l'expulsion en apurant la dette.

GLI (Garantie loyers impayés)

Assurance souscrite par le bailleur (prime 2-4 % des loyers). Couvre les loyers impayés, les frais de procédure et parfois les dégradations. À déclencher dès le premier impayé constaté. La GLI prend généralement le relais du paiement après 1-2 mois de carence.

Visale

Garantie gratuite proposée par Action Logement à certains locataires (jeunes, salariés en mobilité, intermittents). Couvre jusqu'à 36 mois d'impayés sur 9 ans de bail. Si le locataire est garanti par Visale, contactez Action Logement dès le premier impayé pour activer la garantie.

FSL (Fonds de Solidarité pour le Logement)

Aide départementale destinée aux locataires en difficulté. Le bailleur peut conseiller au locataire de déposer une demande au FSL pour obtenir un apurement de la dette. Évite l'expulsion et permet souvent de récupérer plusieurs mois de loyer.

CCAPEX

La Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions est saisie automatiquement par l'huissier dès le commandement de payer. Elle examine la situation, propose un plan de relogement ou d'apurement. Sa saisine est obligatoire avant toute expulsion.

Article L. 824-1 du Code de la construction

Coziloc détecte les retards dès J+1

Suivi automatique des paiements, alerte au bailleur dès le 1er jour de retard, relance amiable graduée (email J+8, SMS J+15, mise en demeure LRAR J+30), archivage horodaté de toutes les preuves. Plus aucun impayé ne s'installe par défaut d'attention.

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Gratuit pendant la bêta · Aucune carte bancaire requise

Questions fréquentes

Contactez immédiatement le locataire par téléphone pour identifier la cause (oubli, difficulté passagère, conflit). Suivez avec un courrier simple récapitulant le montant dû et la date butoir de régularisation. Si vous avez une GLI, déclarez l'impayé à votre assureur dès J+30. Conservez systématiquement la trace écrite de toutes vos relances. Ne laissez jamais une situation s'enliser sans action documentée.

Comptez entre 700 € et 1 500 € HT de frais de procédure (commandement de payer ~150 €, assignation ~400 €, commandement de quitter les lieux ~150 €, plus des frais variables d'huissier). Si vous avez une GLI, l'assureur prend en charge ces frais. Sans GLI, vous pouvez les récupérer auprès du locataire en cas de jugement favorable, mais le recouvrement reste souvent difficile en pratique.

Entre 12 et 24 mois en pratique, du premier impayé à l'expulsion effective. Le détail : 1 mois de relance amiable + mise en demeure, 6 semaines après le commandement de payer, 3 à 6 mois pour obtenir l'audience, 2 mois après le jugement pour libérer les lieux, 2 à 6 mois pour le concours de la force publique si nécessaire. La trêve hivernale (5 mois) peut allonger d'autant.

La clause résolutoire est une disposition du bail qui prévoit la résiliation automatique du contrat en cas de non-paiement persistant après commandement. Elle est devenue obligatoire dans tout bail d'habitation depuis la loi du 6 juillet 1989. Sans clause résolutoire, vous devez prouver une faute grave devant le juge pour obtenir la résiliation, ce qui rallonge et complique la procédure.

La trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars, suspend toute expulsion locative en France. Pendant cette période, l'huissier ne peut pas exécuter une décision d'expulsion. La procédure judiciaire en elle-même peut continuer (commandement, assignation, jugement) — seule l'exécution de l'expulsion est gelée. La règle ne s'applique pas aux squatteurs depuis 2023.

Oui. Le juge peut accorder au locataire des délais de paiement allant jusqu'à 36 mois (article 1343-5 du Code civil), avec étalement de la dette en mensualités. Si le locataire respecte ce calendrier, la résiliation est suspendue. S'il manque une échéance, la résiliation reprend automatiquement effet. Le bailleur peut s'opposer aux délais en démontrant sa propre fragilité financière.

Si le locataire a abandonné le logement sans préavis, vous pouvez constater l'abandon par un huissier (procédure d'abandon). Une simple constatation d'huissier suffit ensuite à reprendre possession des lieux après une mise en demeure. La dette antérieure reste à recouvrer, généralement via une saisie sur compte bancaire ou sur salaire après obtention d'un titre exécutoire.

Non, formellement interdit (article 226-4-2 du Code pénal). Couper les fluides ou changer la serrure d'un locataire en place constitue un délit puni de 3 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende, même si le locataire ne paie plus. Seule la procédure judiciaire vous permet de récupérer les lieux. Toute action de force expose le bailleur à des poursuites pénales.

Trois leviers : (1) sélectionner un dossier locataire solide (revenus 3 fois le loyer minimum, vérification des justificatifs via DossierFacile), (2) souscrire une GLI ou exiger Visale dès la signature du bail, (3) automatiser le suivi des paiements pour détecter le retard dès le 1er jour et engager la relance amiable immédiatement. Plus la réaction est rapide, moins l'impayé s'installe.

Coziloc détecte automatiquement le retard de paiement dès le 6e jour, déclenche une relance amiable au 8e jour (email + SMS), une mise en demeure par LRAR au 30e jour (en partenariat avec une plateforme d'envoi recommandé), puis vous propose la suite de la procédure (commandement de payer, assignation) avec partenaires huissiers. Tous les courriers sont archivés horodatés pour servir de preuve.

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