SCI à l'IS : le régime de bout en bout

Une fois l'option pour l'impôt sur les sociétés choisie, voici comment fonctionne concrètement votre SCI : taux d'IS, amortissement de l'immeuble, liasse 2065, dividendes et plus-value professionnelle à la revente.

Contenu informatif rédigé par Coziloc à partir des sources officielles (Légifrance, BOFiP, impots.gouv.fr). Ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé : pour votre situation, consultez un expert-comptable.

L'essentiel sur la SCI à l'IS

  • Imposition au niveau de la société

    C'est la SCI elle-même qui est redevable de l'impôt sur les sociétés sur son résultat, et non chaque associé sur sa quote-part de revenus fonciers.

  • L'immeuble devient amortissable

    L'amortissement du bâti se déduit chaque année du résultat imposable, par composants, hors la valeur du terrain, qui n'est jamais amortissable.

  • Liasse 2065 + annexes 2033

    La société dépose une liasse fiscale complète, comme une société commerciale : bilan, compte de résultat et annexes, après chaque clôture d'exercice.

  • Double imposition à la distribution

    Le bénéfice supporte l'impôt sur les sociétés, puis, s'il est distribué en dividendes, le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % chez l'associé.

  • Plus-value professionnelle à la revente

    La plus-value de cession se calcule sur la valeur nette comptable, amortissements réintégrés, sans abattement pour durée de détention.

  • Option en principe irrévocable

    Passé le cinquième exercice suivant celui de l'option, le retour à l'impôt sur le revenu n'est plus possible : la décision engage durablement la société.

Principe : la SCI à l'IS, une société imposée sur son résultat

Par défaut, une société civile immobilière relève de l'impôt sur le revenu (IR) : chaque associé déclare sa part du résultat dans la catégorie des revenus fonciers, sur sa propre déclaration personnelle. Ce régime est dit transparent, la société n'étant qu'un intermédiaire de calcul entre le bien loué et l'imposition personnelle des associés. Sur option, la SCI peut basculer vers l'impôt sur les sociétés (IS) : elle devient alors un contribuable à part entière, distinct de ses associés, imposée sur son bénéfice comme n'importe quelle société commerciale.

Cette bascule change en profondeur la mécanique fiscale et comptable de la structure. Le résultat imposable n'est plus calculé selon les règles des revenus fonciers, mais selon celles des bénéfices industriels et commerciaux : l'immeuble entre au bilan comme un actif de la société, il devient amortissable, et la comptabilité suit les règles du plan comptable général. La société tient sa propre comptabilité d'engagement, produit un bilan et un compte de résultat, et dépose une liasse fiscale, plutôt qu'une simple déclaration de répartition entre associés.

Dans la pratique, l'option pour l'IS est plus fréquemment retenue par des sociétés qui poursuivent une stratégie de constitution de patrimoine sur plusieurs biens et sur le long terme, ou qui prévoient de réinvestir l'essentiel du résultat dans l'acquisition de nouveaux actifs plutôt que de distribuer un revenu régulier aux associés. À l'inverse, une SCI conçue pour procurer un complément de revenu immédiat à ses associés s'accommode souvent mieux du régime de l'IR, qui évite la double imposition décrite plus loin dans cette page.

Cette page explique le fonctionnement de la SCI à l'IS une fois l'option exercée : taux d'imposition, amortissement, obligations déclaratives, distribution des dividendes et fiscalité de la revente. Elle ne tranche pas la question de savoir si l'IS est le bon choix pour votre situation : ce choix dépend de votre horizon de détention, de votre tranche marginale d'imposition et de vos projets de transmission, et mérite un guide dédié à la décision entre IR et IS.

Le taux d'impôt sur les sociétés

Le taux normal de l'impôt sur les sociétés est de 25 % du bénéfice fiscal de l'exercice. Un taux réduit de 15 % s'applique cependant sur la première tranche de bénéfice, jusqu'à 42 500 €, à condition que la société remplisse trois critères cumulatifs : un chiffre d'affaires hors taxes inférieur à 10 millions d'euros, un capital social entièrement libéré, et une détention à hauteur d'au moins 75 % par des personnes physiques. Au-delà de 42 500 € de bénéfice, la fraction excédentaire est imposée au taux normal de 25 %.

Ces conditions méritent d'être vérifiées avec précision avant de présumer l'éligibilité au taux réduit. Une détention indirecte, la présence d'une personne morale parmi les associés, ou un capital non entièrement libéré peuvent faire basculer tout le bénéfice au taux normal de 25 %, y compris sur la tranche qui aurait autrement bénéficié du taux réduit. Une SCI familiale simple, détenue directement par des personnes physiques, remplit en général ces conditions sans difficulté, mais toute structure plus complexe (holding, détention croisée, associé personne morale) justifie une vérification au cas par cas avec votre expert-comptable.

Ce seuil de 42 500 € s'apprécie par exercice comptable, et non de façon cumulée sur plusieurs années : une SCI dont le bénéfice fluctue d'un exercice à l'autre (cession ponctuelle d'un bien, sinistre, vacance locative prolongée) peut repasser d'une année sur l'autre entre le taux réduit et le taux normal selon le niveau de résultat constaté. Il ne s'agit donc pas d'un avantage acquis une fois pour toutes, mais d'un calcul à refaire à chaque clôture.

Pour une SCI qui débute son activité locative avec un ou deux biens, le bénéfice imposable dépasse rarement 42 500 € la première année, une fois les charges et l'amortissement déduits : le taux réduit couvre alors souvent la totalité du résultat. Ce n'est qu'avec un patrimoine locatif conséquent, ou une année de cession génératrice de plus-value professionnelle, que la tranche à 25 % entre réellement en jeu.

Amortir le bien : le levier propre à l'IS

C'est le levier fiscal le plus souvent recherché dans le passage à l'IS. En revenus fonciers, à l'IR, le bien immobilier n'est jamais amortissable : seules les charges réellement engagées (travaux, intérêts d'emprunt, assurance, taxe foncière, frais de gestion) réduisent le revenu imposable. À l'IS, le résultat suit les règles des bénéfices industriels et commerciaux, qui autorisent la constatation d'un amortissement comptable et fiscal sur l'immeuble.

L'amortissement se pratique par composants : les différents éléments du bâtiment (gros œuvre, toiture, façades, installations techniques, agencements) sont isolés et amortis séparément, chacun selon sa durée d'usage propre, plutôt que le bien dans son ensemble sur une durée unique. Ce découpage reflète mieux l'usure réelle de chaque composant, mais complexifie le calcul : il suppose une ventilation initiale de la valeur du bien entre ses différents composants, généralement réalisée par l'expert-comptable au moment de l'entrée du bien au bilan. La valeur du terrain, elle, n'est jamais amortissable, quelle que soit la méthode retenue : elle doit être isolée de la valeur du bâti avant tout calcul d'amortissement.

Sur le plan comptable, cet amortissement réduit chaque année la valeur nette comptable du bien inscrite au bilan de la SCI, sans que sa valeur de marché ne soit pour autant affectée : un immeuble peut parfaitement se valoriser sur le marché immobilier tout en voyant sa valeur comptable diminuer année après année du fait des dotations aux amortissements. Cet écart entre valeur comptable et valeur de marché est précisément ce qui explique le mécanisme de réintégration décrit plus loin, au moment de la revente.

L'effet sur le résultat imposable peut être significatif : l'amortissement est une charge purement comptable, qui ne correspond à aucune sortie de trésorerie, mais qui vient réduire d'autant le bénéfice soumis à l'IS. Une SCI peut ainsi afficher un résultat fiscal faible, voire nul, alors que sa trésorerie réelle (loyers encaissés moins charges décaissées) reste largement positive. C'est ce mécanisme qui explique pourquoi de nombreux investisseurs orientés vers la constitution d'un patrimoine locatif de plusieurs biens optent pour l'IS, malgré la fiscalité plus lourde à la revente développée plus bas.

La liasse fiscale 2065 (et les annexes 2033)

Le changement de régime fiscal s'accompagne d'un changement d'obligations comptables et déclaratives. Une SCI à l'IR se contente d'une déclaration de résultat relativement légère (formulaire 2072), qui répartit le résultat entre associés sans imposer de comptabilité commerciale normalisée. Une SCI à l'IS, elle, tient une comptabilité d'engagement complète : bilan, compte de résultat, annexes, selon le plan comptable général, exactement comme une société commerciale ordinaire.

Cette comptabilité alimente une liasse fiscale déposée chaque année après la clôture de l'exercice : le formulaire 2065-SD, la déclaration de résultat proprement dite, accompagné des annexes 2033-A à 2033-G pour les sociétés relevant du régime réel simplifié, ou des annexes 2050 à 2059-G pour celles relevant du régime réel normal. La liasse détaille le bilan actif et passif, le compte de résultat, le tableau des immobilisations et des amortissements, ainsi que diverses informations sur la composition du capital de la société. Le choix entre régime réel simplifié et régime réel normal dépend de la taille de l'activité et, pour partie, d'une option volontaire de la société : c'est votre expert-comptable qui détermine l'annexe applicable à votre situation.

Au-delà de l'aspect purement déclaratif, ce formalisme comptable a une vertu opérationnelle : il oblige la société à disposer, à tout moment, d'une vision consolidée de son patrimoine (actif), de ses dettes (passif) et de sa rentabilité réelle (compte de résultat), une visibilité que la simple déclaration 2072 d'une SCI à l'IR n'impose pas avec la même rigueur.

Ce formalisme accru a un coût : la tenue d'une comptabilité commerciale, l'établissement d'un bilan et le dépôt de la liasse dépassent en général les compétences d'un gérant non-comptable, et s'accompagnent le plus souvent d'un suivi par un expert-comptable. C'est le prix à payer pour bénéficier de l'amortissement et, plus largement, d'un régime fiscal pensé pour l'activité économique d'une société plutôt que pour la simple détention patrimoniale d'un bien par des particuliers.

Distribution des dividendes et double imposition

C'est la contrepartie la plus souvent sous-estimée du passage à l'IS. En SCI à l'IR, le résultat de la société n'est imposé qu'une seule fois, entre les mains des associés, qu'il soit distribué ou laissé en trésorerie dans la société. En SCI à l'IS, le bénéfice subit d'abord l'impôt sur les sociétés au niveau de la structure (15 % puis 25 %, comme développé plus haut). S'il est ensuite distribué aux associés sous forme de dividendes, il supporte une seconde imposition, au niveau personnel cette fois.

Cette seconde imposition prend, par défaut, la forme du prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, qui se décompose en 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Les associés peuvent, sur option, préférer une imposition des dividendes au barème progressif de l'impôt sur le revenu, un choix qui peut être avantageux pour un foyer faiblement imposé, mais défavorable pour une tranche marginale élevée. Il s'agit d'une option globale exercée au niveau du foyer fiscal, qui porte sur l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers de l'année, et non sur chaque source de dividendes isolément : un point à vérifier avec votre conseiller avant d'arbitrer entre les deux options.

Cette double imposition n'intervient que si le bénéfice est effectivement distribué : une SCI qui réinvestit son résultat (remboursement d'emprunt, travaux, acquisition d'un nouveau bien) sans verser de dividendes n'expose ses associés à aucune imposition personnelle sur cette part-là. C'est un arbitrage central de la gestion d'une SCI à l'IS : distribuer pour percevoir un revenu immédiat, au prix de la double imposition, ou capitaliser au sein de la société pour différer, voire réduire, cette seconde couche fiscale.

Plus-value professionnelle à la revente : le piège

C'est le piège le plus fréquemment sous-estimé du régime de l'IS, et celui qui mérite le plus de vigilance avant d'opter. Chaque euro d'amortissement déduit du résultat pendant les années de détention vient mécaniquement augmenter la plus-value imposable au moment de la revente, puisque la valeur nette comptable du bien diminue d'autant. Un bien fortement amorti sur une longue période de détention peut ainsi générer, à la revente, une plus-value professionnelle très supérieure à la plus-value économique réellement réalisée (la simple différence entre le prix de vente et le prix d'achat).

Prenons un exemple purement illustratif, sans chiffrage : une SCI à l'IS acquiert un immeuble, l'amortit pendant plusieurs années, puis le revend. Le prix de revient retenu pour le calcul de la plus-value n'est plus le prix d'achat d'origine, mais ce prix diminué de tous les amortissements pratiqués depuis l'acquisition. Plus la durée de détention est longue et plus l'amortissement cumulé est élevé, plus la plus-value professionnelle constatée à la revente est mécaniquement importante, alors même que le prix de vente peut être proche, voire inférieur, au prix d'achat initial.

Cette plus-value professionnelle est imposée au taux de l'impôt sur les sociétés (15 % puis 25 %, comme le résultat courant), dans les mêmes conditions que n'importe quel autre bénéfice de l'exercice de cession. Si le produit de la vente est ensuite distribué aux associés, il subit, comme les dividendes ordinaires, une seconde imposition au prélèvement forfaitaire unique ou au barème progressif. La combinaison des deux impositions, sur la plus-value puis sur sa distribution, peut représenter une charge fiscale substantielle à la sortie, qu'il convient d'anticiper avant même l'acquisition du bien, et pas seulement au moment de la revente.

À l'inverse, une SCI à l'IR n'amortit jamais le bien : sa plus-value de cession reste une plus-value des particuliers, réduite par l'abattement pour durée de détention et sans réintégration d'amortissement, puisqu'il n'y en a jamais eu. C'est l'arbitrage central entre les deux régimes : l'IS réduit l'imposition courante grâce à l'amortissement, au prix d'une fiscalité de sortie potentiellement plus lourde ; l'IR n'offre pas ce levier annuel, mais préserve un régime de plus-value plus favorable à la revente, notamment sur une détention longue. Le guide de décision entre IR et IS détaille cet arbitrage selon votre horizon de détention.

Option irrévocable, CFE et obligations

Cette irrévocabilité de principe distingue radicalement l'option IS d'un simple choix de régime fiscal réversible. Une fois le délai de renonciation dépassé, il n'existe plus de mécanisme de retour à l'IR : la SCI, et donc ses associés, restent durablement soumis aux règles décrites dans cette page (amortissement, liasse fiscale, double imposition des dividendes, plus-value professionnelle à la revente). C'est pourquoi l'option mérite d'être pesée en amont, en particulier sur l'horizon de détention envisagé et sur le projet de sortie (revente, transmission, donation), plutôt que décidée sous le seul angle de l'économie d'impôt de court terme.

Avant d'exercer l'option, il est recommandé de simuler, avec votre expert-comptable, au moins deux scénarios de sortie : une revente après quelques années de détention, amortissements cumulés compris, et une conservation longue avec transmission aux héritiers plutôt que cession. Les deux issues n'ont pas la même sensibilité au régime de l'IS, notamment sur le traitement de la plus-value professionnelle décrite plus haut.

La question de la cotisation foncière des entreprises (CFE) mérite une prudence particulière. La CFE vise en principe les activités professionnelles exercées à titre habituel, ce qui distingue la location meublée (souvent qualifiée d'activité commerciale) de la location nue (traditionnellement rattachée à la gestion d'un patrimoine privé). Le passage d'une SCI à l'IS ne change pas, en tant que tel, la nature de l'activité locative exercée : une SCI à l'IS qui loue exclusivement des locaux nus à usage d'habitation ne devient pas automatiquement redevable de la CFE du simple fait de son régime fiscal. Cette qualification dépend cependant de la nature précise de l'activité (nue ou meublée, usage d'habitation ou usage professionnel des locaux) et de la situation propre de chaque société : elle mérite d'être vérifiée avec votre expert-comptable plutôt que présumée, tant la doctrine administrative distingue de nombreux cas particuliers.

Au-delà de la CFE, opter pour l'IS ajoute les obligations sociétaires classiques d'une société commerciale : approbation annuelle des comptes en assemblée générale, dépôt de la liasse dans le délai suivant la clôture de l'exercice, et tenue à jour du registre des associés. Ces obligations s'ajoutent, sans les remplacer, aux obligations locatives ordinaires de tout bailleur (quittances, diagnostics, conformité des baux), qui restent identiques quel que soit le régime fiscal choisi par la SCI.

Comment Coziloc automatise la SCI à l'IS

La complexité comptable de la SCI à l'IS, décrite tout au long de cette page, est précisément ce que Coziloc a été conçu pour absorber. Chaque loyer encaissé, chaque charge payée, chaque facture de travaux est automatiquement rapproché et catégorisé selon le plan comptable applicable à une société à l'IS, sans ressaisie manuelle dans un tableur ou un second outil.

Coziloc calcule l'amortissement de votre immeuble par composants (gros œuvre, toiture, installations, agencements), isole automatiquement la valeur du terrain, non amortissable, et met à jour le plan d'amortissement à chaque clôture d'exercice. Les éléments nécessaires à votre liasse fiscale (bilan, compte de résultat, tableau des amortissements) sont préparés au fil de l'année plutôt que reconstitués dans l'urgence à l'approche de l'échéance déclarative, en lien avec votre expert-comptable, qui reste responsable du dépôt de la liasse 2065.

Le tableau de bord de votre SCI à l'IS affiche, à côté des indicateurs de gestion locative habituels (loyers encaissés, retards, diagnostics à renouveler), les soldes des comptes courants d'associés et le résultat comptable de l'exercice en cours, pour que le gérant dispose d'une vision consolidée sans jongler entre plusieurs outils au moment de préparer l'assemblée générale annuelle.

Au-delà de la comptabilité, Coziloc couvre la gestion locative complète de votre SCI : quittances et avis d'échéance automatiques, indexation IRL, suivi des paiements et relances, gestion documentaire (baux, diagnostics, PV d'assemblée générale), le tout dans un espace unique, que votre SCI soit à l'IR ou à l'IS.

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SCI à l'IR vs SCI à l'IS : le tableau de référence

Ce tableau résume les points de comparaison développés dans cette page ; il ne remplace pas une analyse de votre situation personnelle avant de choisir entre SCI à l'IR et SCI à l'IS.

CritèreSCI à l'IRSCI à l'IS
ImpositionAssociés (revenus fonciers, 2044)Société (IS 15 % / 25 %)
Amortissement du bienNonOui (par composants)
Déclaration2072Liasse 2065 + 2033
Plus-value de reventeParticuliers (abattement durée)Professionnelle (amortissements réintégrés)
DividendesSans objetPFU 31,4 % ou barème

Questions fréquentes

Le bénéfice d'une SCI ayant opté pour l'impôt sur les sociétés est imposé à 15 % jusqu'à 42 500 € par exercice, sous trois conditions cumulatives : un chiffre d'affaires hors taxes inférieur à 10 millions d'euros, un capital social entièrement libéré et une détention à au moins 75 % par des personnes physiques. Au-delà de 42 500 € de bénéfice, ou si l'une de ces conditions n'est pas remplie, la fraction excédentaire (voire la totalité du bénéfice) est imposée au taux normal de 25 %.

Oui, c'est le levier fiscal propre à l'IS : l'immeuble entre au bilan comme un actif amortissable, et chaque année une fraction de sa valeur se déduit du résultat imposable, par composants (gros œuvre, toiture, façades, installations techniques, agencements), chacun sur sa durée d'usage propre. La valeur du terrain, elle, n'est jamais amortissable et doit être isolée du prix du bien avant tout calcul. Une SCI à l'IR, imposée en revenus fonciers, ne bénéficie jamais de cet amortissement.

Seulement pendant une fenêtre limitée : l'option pour l'impôt sur les sociétés reste révocable jusqu'au cinquième exercice suivant celui au titre duquel elle a été exercée. Passé ce délai, sans renonciation formulée dans les temps, l'option devient irrévocable et la SCI reste soumise à l'IS pour toute la durée de son existence, sauf transformation ou dissolution de la société. C'est un engagement à peser avant d'opter, pas après.

Une SCI à l'IS tient une comptabilité d'engagement complète (bilan, compte de résultat, annexes) et dépose chaque année, après la clôture de l'exercice, une liasse fiscale composée du formulaire 2065-SD et des annexes 2033-A à 2033-G pour le régime réel simplifié. Ce formalisme dépasse en général les compétences d'un gérant non-comptable et s'accompagne le plus souvent d'un suivi par un expert-comptable, contrairement à la simple déclaration 2072 d'une SCI à l'IR.

À la revente, la plus-value d'une SCI à l'IS est une plus-value professionnelle : elle se calcule sur la valeur nette comptable du bien, c'est-à-dire son prix de revient diminué du cumul des amortissements pratiqués depuis l'entrée au bilan. Ces amortissements sont donc réintégrés dans le calcul de la plus-value, sans aucun abattement pour durée de détention, contrairement au régime des particuliers ou d'une SCI à l'IR. Un bien fortement amorti sur une longue période peut ainsi générer une plus-value imposable bien supérieure à la plus-value économique réellement réalisée.

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