Louer un bien en indivision : qui décide, qui déclare
Bail signé aux deux tiers, congé pour vendre à l'unanimité, loyers déclarés par quote-part dans chaque foyer, et le meublé après l'arrêt du Conseil d'État.
« En indivision, il faut l'accord de tout le monde » : la phrase se répète dans toutes les successions, et elle est fausse pour l'essentiel de la gestion locative. Depuis le 1er janvier 2007, les indivisaires qui réunissent deux tiers des droits peuvent signer un bail d'habitation sans l'accord des autres. L'erreur inverse est aussi répandue côté impôt : en location nue, « l'indivision » ne déclare rien, chaque indivisaire déclare sa part, dans son foyer, sous son propre régime. Et pour le meublé, un arrêt du Conseil d'État de novembre 2025 a rouvert une porte que la doctrine administrative tient toujours fermée.
Une indivision n'est pas une personne : qui signe, qui encaisse
L'indivision naît d'un achat à plusieurs ou d'une succession, sans formalité, et n'a pas de personnalité juridique. Le bail, les quittances et un éventuel congé sont donc établis au nom des indivisaires, désignés un par un. La Cour de cassation a ainsi jugé nul un congé délivré au nom d'une « indivision », sans que le locataire ait à prouver un préjudice (3e chambre civile, 5 avril 2001, selon l'analyse publiée par l'ANIL).
Les loyers n'appartiennent pas à celui qui les encaisse. « Les fruits et les revenus des biens indivis accroissent à l'indivision », sauf partage provisionnel ou accord établissant une jouissance divise, et chaque indivisaire a droit aux bénéfices et supporte les pertes proportionnellement à ses droits (article 815-10 du code civil). L'indivisaire qui gère est « redevable des produits nets de sa gestion », avec droit à une rémunération fixée à l'amiable ou, à défaut, par le juge (article 815-12). Aucune réclamation sur ces revenus n'est recevable plus de cinq ans après la date à laquelle ils ont été perçus ou auraient pu l'être. Enfin, celui qui occupe le logement au lieu de le louer est, sauf convention contraire, redevable d'une indemnité (article 815-9).
Qui décide : la règle des deux tiers et ses limites
L'article 815-3 du code civil, dans sa rédaction issue de la loi n° 2006-728 du 23 juin 2006 et en vigueur depuis le 1er janvier 2007, permet aux indivisaires titulaires d'au moins deux tiers des droits indivis d'effectuer les actes d'administration, de donner un mandat général d'administration, et de « conclure et renouveler les baux autres que ceux portant sur un immeuble à usage agricole, commercial, industriel ou artisanal ». Ils doivent en informer les autres indivisaires, faute de quoi les décisions leur sont inopposables (article 815-3 sur Légifrance).
Les deux tiers se comptent en droits, pas en têtes. Un indivisaire à 70 % décide seul. Deux indivisaires sur trois à parts égales atteignent exactement les deux tiers, ce qui suffit. Deux indivisaires à 50 % n'y arrivent jamais : l'accord des deux reste nécessaire, et si le refus de l'un met en péril l'intérêt commun, le juge peut autoriser l'autre à passer seul l'acte (article 815-5).
Quel acte, quelle majorité
| Acte | Qui peut décider | Fondement |
|---|---|---|
| Signer un bail d'habitation, vide ou meublé | Au moins deux tiers des droits, avec information des autres | Article 815-3, 4° |
| Renouveler ce bail | Au moins deux tiers des droits | Article 815-3, 4° |
| Fixer le loyer d'un nouveau bail | Deux tiers, le loyer étant une condition du bail | Article 815-3, 4° |
| Confier la gestion à un indivisaire ou à une agence | Deux tiers (mandat général d'administration) | Article 815-3, 2° |
| Faire des travaux d'entretien | Deux tiers, ou un seul indivisaire pour une mesure nécessaire à la conservation du bien | Articles 815-3, 1° et 815-2 |
| Donner congé pour vendre un logement loué vide | Tous les indivisaires | Article 815-3 ; Cass. 3e civ., 2 juillet 2026, n° 25-13.188 |
| Donner congé pour reprise, ou pour vendre un meublé | Non tranché par les textes : faire signer tous les indivisaires | Articles 13, 15 et 25-8 de la loi du 6 juillet 1989 |
| Vendre le bien | Tous les indivisaires, sauf autorisation judiciaire | Articles 815-3, 815-5-1 et 815-6 |
| Signer un bail commercial ou rural | Tous les indivisaires | Article 815-3, 4° (exclusion expresse) |
Le congé pour vendre marque la frontière. En location vide, il vaut offre de vente au locataire, donc acte de disposition, pour lequel l'article 815-3 exige « le consentement de tous les indivisaires » : la Cour de cassation l'a rappelé le 2 juillet 2026 (3e chambre civile, pourvoi n° 25-13.188, arrêt non publié au bulletin), en ajoutant que le locataire peut se prévaloir de la nullité sans justifier d'un grief. Pour le congé pour reprise, l'article 13 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit qu'en cas d'indivision les dispositions de l'article 15, qui régit ce congé, peuvent être invoquées « par tout membre de l'indivision », sans fixer de majorité : un congé signé par tous ne prend aucun risque. Motifs et délais figurent dans notre guide du congé du bailleur.
L'erreur la plus fréquente : le gestionnaire « de fait »
Dans la plupart des indivisions familiales, un seul indivisaire gère tout. Le dernier alinéa de l'article 815-3 lui reconnaît un mandat tacite lorsqu'il agit « au su des autres et néanmoins sans opposition de leur part », mais ce mandat couvre « les actes d'administration mais non les actes de disposition ni la conclusion ou le renouvellement des baux ». Il peut encaisser les loyers, pas signer seul le prochain bail. Le remède est un mandat écrit, voté aux deux tiers, qui vise expressément les baux ; c'est aussi de ce vote qu'un gestionnaire professionnel mandaté par des indivisaires tient ses pouvoirs.
Un geste reste ouvert à chacun, sans vote : tout indivisaire peut « prendre les mesures nécessaires à la conservation des biens indivis même si elles ne présentent pas un caractère d'urgence » (article 815-2).
Location nue : chacun déclare sa part, dans son propre foyer
La doctrine fiscale pose le principe en une phrase : chaque indivisaire « participe aux produits des biens indivis au prorata de ses droits dans l'indivision et, corrélativement, il n'est tenu aux charges que dans la même proportion », et il est imposé « pour la quote-part correspondant à ses droits dans le revenu net total de l'indivision » (BOI-RFPI-CHAMP-30-30, § 10). L'indivision elle-même n'est pas imposée : chacun porte sa part sur sa propre déclaration.
Le même paragraphe tranche le piège le plus coûteux. Qu'un contribuable ait laissé à sa sœur la totalité des loyers et payé seul tous les travaux « ne peut étendre les droits à déduction qu'il tient de l'article 31-I du code au-delà de sa quote-part dans l'indivision ». Payer plus que sa part ne permet pas de déduire plus que sa part.
Le seuil du micro-foncier se juge foyer par foyer
Le micro-foncier s'applique lorsque le revenu brut foncier n'excède pas 15 000 €, et l'article 32 du code général des impôts précise que ses dispositions visent « l'ensemble des revenus fonciers perçus par le foyer fiscal ». L'option pour le réel est elle aussi globale : elle couvre tous les revenus fonciers du foyer (BOI-RFPI-DECLA-10, § 230).
La doctrine ne consacre aucun paragraphe au micro-foncier des indivisaires : la règle découle de la combinaison des deux textes. La quote-part de loyers bruts de chaque indivisaire s'ajoute aux autres revenus fonciers de son foyer, et c'est ce total qui est comparé au seuil. Les loyers de l'indivision ne sont jamais confrontés en bloc aux 15 000 €, et deux indivisaires d'un même bien peuvent relever de régimes différents. Deux époux ou partenaires de PACS imposés ensemble additionnent en revanche leurs quotes-parts.
Ces revenus fonciers supportent 17,2 % de prélèvements sociaux, contre 18,6 % pour la location meublée non professionnelle (impots.gouv.fr). L'arbitrage chiffré entre les deux régimes est détaillé dans notre article sur le micro-foncier et le réel, les lignes à remplir dans notre guide de la déclaration 2044.
Exemple chiffré : une indivision à trois, 50 / 30 / 20, louée nue
Trois héritiers reçoivent en indivision un appartement loué vide 1 200 € par mois hors charges : Anne détient 50 %, Bruno 30 %, Claire 20 %. Loyers bruts de l'année : 1 200 × 12 = 14 400 €. Charges déductibles payées par l'indivision :
| Poste | Montant |
|---|---|
| Taxe foncière | 1 500 € |
| Assurance propriétaire non occupant | 240 € |
| Charges de copropriété non récupérables | 860 € |
| Réfection de la salle de bains | 3 400 € |
| Total | 6 000 € |
Chacun reçoit sa part, puis la rattache à la situation de son propre foyer.
| Anne (50 %) | Bruno (30 %) | Claire (20 %) | |
|---|---|---|---|
| Quote-part des loyers bruts | 7 200 € | 4 320 € | 2 880 € |
| Quote-part des charges | 3 000 € | 1 800 € | 1 200 € |
| Autres loyers bruts du foyer | 9 600 € | 0 € | 11 000 € |
| Revenus fonciers bruts du foyer | 16 800 € | 4 320 € | 13 880 € |
| Régime du foyer | Réel de plein droit | Micro-foncier | Réel, option en cours |
| Base imposable issue de l'indivision | 4 200 € | 3 024 € | 1 680 € |
- Anne loue aussi un studio 9 600 € par an, seul sous le seuil. Sa quote-part porte son foyer à 16 800 € : le réel s'applique de plein droit à tous ses revenus fonciers. Base : 7 200 − 3 000 = 4 200 €.
- Bruno n'a pas d'autre revenu foncier : micro-foncier par défaut. Base : 4 320 × 70 % = 3 024 €. Sa part des travaux, 1 020 €, est réputée couverte par l'abattement.
- Claire reste sous le seuil, mais elle a opté pour le réel il y a deux ans pour son propre logement loué. L'option couvre tout son foyer. Base : 2 880 − 1 200 = 1 680 €.
Contrôle : les trois bases font 8 904 €, pour un résultat réel de l'indivision de 14 400 − 6 000 = 8 400 €. L'écart de 504 € est ce que Bruno perd en restant au forfait cette année (3 024 − 2 520).
Bruno devrait-il opter ? L'option l'engage trois ans. Les deux années suivantes, à loyers inchangés et sans travaux, sa part des charges retombe à 780 € (30 % de 2 600 €) : le réel donnerait 3 540 € de base contre 3 024 € au forfait, soit 516 € de plus chaque année. Sur trois ans, l'option lui ferait perdre 528 € de base, environ 149 € d'impôt et de prélèvements sociaux à un taux marginal de 11 % (11 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 28,2 %, hors effet de la CSG déductible). Il reste au micro-foncier, et il a raison.
Location meublée : ce que change l'arrêt du Conseil d'État du 14 novembre 2025
La position administrative est simple : une indivision qui loue en meublé relève du réel, parce qu'elle est assimilée aux sociétés et organismes soumis au régime des sociétés de personnes, que l'article 50-0 du code général des impôts exclut du micro-BIC.
Le Conseil d'État a jugé l'inverse sur le principe. Dans sa décision du 14 novembre 2025 (9e et 10e chambres réunies, n° 495516, mentionnée aux tables du recueil Lebon), il retient que l'affectation de biens indivis à une entreprise remplit la condition d'apports, mais qu'elle « ne suffit pas, par elle-même, à caractériser l'existence entre eux d'une société de fait, en l'absence de participation de chacun des copropriétaires indivis à la direction et au contrôle de l'affaire, ainsi qu'aux bénéfices ou aux pertes ». La preuve de la société de fait incombe à celui qui l'invoque (décision sur le site du Conseil d'État).
Deux précisions évitent de lui faire dire plus qu'il ne dit :
- Le seuil se mesure sur la totalité des recettes : « la totalité des recettes réalisées par cette entreprise », même si chaque indivisaire en déclare une partie. Trois indivisaires qui encaissent ensemble 90 000 € ne se comparent pas au seuil avec 30 000 € chacun.
- Les impositions ont été maintenues. Les recettes en litige, 219 550 €, 158 744 € et 157 098 €, dépassaient largement les seuils, et l'imposition au réel a été confirmée par substitution de base légale. L'arrêt ne dit pas qu'une indivision a droit au micro-BIC, il dit qu'elle n'en est pas exclue par sa seule nature.
La doctrine administrative n'a pas suivi
Le BOFiP, dans sa version du 19 août 2026, publiée neuf mois après l'arrêt et sans le citer, affirme toujours que les sociétés de fait et les indivisions « ne peuvent pas, sauf exception, bénéficier du régime micro-BIC » (BOI-BIC-DECLA-10-10-20, § 80).
L'article L. 80 A du livre des procédures fiscales permet au contribuable d'opposer à l'administration l'interprétation qu'elle a publiée : la garantie joue en sa faveur, jamais contre lui. Une doctrine défavorable ne l'oblige donc pas, et l'arrêt de la juridiction suprême fait autorité. Mais tant que le BOFiP n'est pas mis à jour, l'indivision qui applique le micro-BIC doit s'attendre à devoir se prévaloir de l'arrêt lors d'un contrôle. Et si chaque indivisaire participe à la direction, au contrôle et aux résultats de l'activité, la société de fait peut être caractérisée : l'exclusion s'applique alors.
Trois points restent sans réponse écrite et justifient un accompagnement : qui signe l'option pour le réel en cas de désaccord, qui dépose la déclaration de résultat au réel, et comment combiner les recettes de l'indivision avec celles d'un meublé détenu en propre par l'un des indivisaires.
Le statut LMNP ou LMP reste une affaire de foyer
Le caractère professionnel s'apprécie dans le foyer fiscal de chaque indivisaire : recettes meublées du foyer supérieures à 23 000 €, et supérieures à ses revenus imposés comme traitements et salaires (pensions, rentes viagères et rémunérations de l'article 62 comprises), autres bénéfices industriels et commerciaux, bénéfices agricoles ou non commerciaux (article 155, IV du code général des impôts ; BOI-BIC-CHAMP-40-10, § 40 et 50). Pour une société de personnes, le BOFiP retient les recettes « à proportion de leurs droits dans les bénéfices sociaux » (§ 140) ; aucun texte ne le dit pour l'indivision, mais la quote-part de chaque indivisaire est la lecture la plus cohérente. L'arbitrage entre forfait et amortissement est traité dans notre article sur le micro-BIC ou le réel en LMNP.
Indivision ou SCI pour louer
La question se tranche moins sur l'impôt que sur les règles de décision et de sortie.
| Critère | Indivision | SCI à l'impôt sur le revenu |
|---|---|---|
| Création | Aucune formalité, elle naît d'un achat ou d'une succession | Statuts, annonce légale, immatriculation |
| Signer un bail d'habitation | Deux tiers des droits, avec information des autres | Le gérant, dans les pouvoirs fixés par les statuts |
| Vendre le bien | Unanimité, sauf autorisation judiciaire | Selon les statuts |
| Sortir | À tout moment, par une demande de partage | Par la cession de ses parts, dans les conditions des statuts |
| Loyers en location nue | Quote-part déclarée par chaque indivisaire | Résultat déclaré par la société sur la 2072, puis quote-part reportée par chaque associé |
| Location meublée | Micro-BIC possible selon le Conseil d'État, contesté par la doctrine | Risque d'assujettissement de la société à l'impôt sur les sociétés |
| Durée minimale d'un bail vide | Trois ans (articles 10 et 13 de la loi du 6 juillet 1989) | Trois ans pour une SCI familiale, six ans sinon |
L'indivision ne coûte presque rien, mais n'importe quel indivisaire peut en demander la fin ; la SCI fige les règles à l'avance, au prix de formalités annuelles. Nos articles sur la création d'une SCI de gestion locative et sur le choix entre SCI à l'IR ou à l'IS détaillent ces obligations, et notre page sur la gestion locative en SCI montre comment suivre les quotes-parts d'associés.
Organiser l'indivision, ou en sortir
L'article 815 du code civil pose le principe : « Nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision et le partage peut toujours être provoqué », sauf sursis par jugement ou par convention. Tout l'édifice locatif peut donc être remis en cause par une demande de partage.
La convention d'indivision stabilise la situation. Elle exige l'accord de tous, un écrit désignant les biens et les quotes-parts à peine de nullité, et la publicité foncière pour un immeuble (article 1873-2). À durée déterminée, elle ne peut dépasser cinq ans et se renouvelle par décision expresse, ou par tacite reconduction si elle le prévoit ; à durée indéterminée, le partage reste possible pourvu qu'il ne soit ni de mauvaise foi ni à contretemps (article 1873-3). Elle peut désigner un ou plusieurs gérants (article 1873-5).
Deux voies permettent de vendre sans l'unanimité. Hors démembrement de propriété, et sauf si un indivisaire est présumé absent ou, par suite d'éloignement, hors d'état de manifester sa volonté (article 836), les titulaires d'au moins deux tiers des droits peuvent, après avoir exprimé leur intention devant notaire, demander au tribunal judiciaire d'autoriser la vente, qui a lieu par licitation si elle ne porte pas une atteinte excessive aux droits des autres (article 815-5-1). Et depuis la loi n° 2026-248 du 7 avril 2026, en vigueur le 9 avril, le président du tribunal judiciaire, saisi des mesures urgentes que requiert l'intérêt commun, peut autoriser un indivisaire à conclure seul un acte de vente d'un bien indivis (article 815-6).
Votre checklist d'indivisaire bailleur
- Relisez les quotes-parts sur l'acte d'acquisition ou les actes du notaire : elles fixent la majorité, la répartition des loyers et la part déclarable.
- Formalisez chaque décision de location par écrit, signée par au moins deux tiers des droits, et notifiez-la aux autres indivisaires.
- Remplacez la gestion « de fait » par un mandat écrit voté aux deux tiers, qui vise expressément la signature et le renouvellement des baux.
- Faites signer tout congé par tous les indivisaires, obligatoirement pour vendre un logement loué vide, par prudence dans les autres cas. Dans Coziloc, l'approche d'une fin de bail remonte comme un jalon « Préparer la fin de bail » : c'est le moment de réunir les signatures.
- Remettez à chacun, avant la campagne déclarative, le relevé de sa quote-part de loyers bruts et de charges.
- Laissez chaque indivisaire vérifier son propre seuil de 15 000 €, quote-part comprise : les régimes peuvent légitimement différer.
- En meublé, choisissez le régime en connaissant la divergence entre le Conseil d'État et le BOFiP, sur le total des recettes, et faites valider la situation avant la première déclaration.
- Envisagez une convention d'indivision si la location doit durer : cinq ans au plus en durée déterminée, un gérant désigné, et aucun partage imposé avant le terme sauf justes motifs.
Points clés
Les indivisaires titulaires d'au moins deux tiers des droits indivis peuvent signer ou renouveler un bail d'habitation sans l'accord des autres, qu'ils doivent toutefois informer sous peine d'inopposabilité.
Vendre le bien, signer un bail commercial ou rural et donner congé pour vendre un logement loué vide exigent l'accord de tous les indivisaires, sauf autorisation judiciaire.
L'indivisaire qui gère seul, au su des autres, n'a qu'un mandat tacite qui ne l'autorise jamais à conclure ni à renouveler un bail.
En location nue, chaque indivisaire déclare sa quote-part des loyers et des charges, et ne peut pas déduire plus que sa quote-part même s'il a payé seul les travaux.
Le seuil du micro-foncier se juge dans le foyer de chaque indivisaire, en ajoutant sa quote-part à ses autres revenus fonciers : les régimes peuvent donc différer d'un indivisaire à l'autre.
En meublé, le Conseil d'État admet le micro-BIC pour une indivision qui n'est pas une société de fait, seuil apprécié sur toutes ses recettes, mais le BOFiP affirme encore l'inverse.
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Questions fréquentes
Pas s'il détient au plus un tiers des droits. Les indivisaires qui réunissent au moins deux tiers des droits indivis peuvent conclure le bail, à charge d'en informer les autres, faute de quoi la décision leur est inopposable. Le calcul porte sur les droits, pas sur le nombre de personnes : un indivisaire à 70 % décide seul. À l'inverse, entre deux indivisaires à 50 %, personne n'atteint les deux tiers et l'accord des deux reste nécessaire. En cas de refus qui met en péril l'intérêt commun, le juge peut autoriser l'autre à agir seul (article 815-5 du code civil).
Non. La doctrine fiscale est explicite : un indivisaire n'est tenu aux charges qu'à proportion de ses droits, et le fait d'avoir pris personnellement en charge la totalité des travaux ne peut pas étendre son droit à déduction au-delà de sa quote-part (BOI-RFPI-CHAMP-30-30, § 10). Le rééquilibrage se fait sur le terrain civil : l'article 815-13 du code civil prévoit qu'il doit être tenu compte, selon l'équité, de l'amélioration faite à ses frais par un indivisaire. Ce compte entre indivisaires ne change rien à la déclaration.
Non. Chaque indivisaire est imposé sur sa quote-part, et le régime micro-foncier ou réel se détermine sur l'ensemble des revenus fonciers de son propre foyer, avec une option pour le réel qui vaut pour tout ce foyer et l'engage trois ans. Un indivisaire sans autre bien peut ainsi rester au micro-foncier pendant qu'un autre, qui possède d'autres logements loués, relève du réel. Les indivisaires doivent en revanche partager les mêmes chiffres de loyers et de charges, répartis selon les quotes-parts.
La réponse n'est pas la même selon la source consultée. Le Conseil d'État a jugé le 14 novembre 2025 (n° 495516) que l'affectation de biens indivis à une activité ne suffit pas à caractériser une société de fait : l'indivision n'est donc pas exclue par principe du micro-BIC, et le seuil s'apprécie sur la totalité de ses recettes. Le BOFiP, dans sa version du 19 août 2026, affirme toujours l'exclusion. Appliquer le micro-BIC reste défendable, mais expose à une discussion avec l'administration : faites valider votre situation avant de déclarer.
Pour un congé pour vendre un logement loué vide, tous les indivisaires : ce congé vaut offre de vente au locataire, donc engage un acte de disposition soumis à l'unanimité, ce que la Cour de cassation a rappelé le 2 juillet 2026 (pourvoi n° 25-13.188). Pour un congé pour reprise, ou pour vendre un logement meublé, aucun texte ne tranche expressément la majorité requise : faites-le signer par tous. Un congé nul est sans effet : faute d'un nouveau congé régulier dans les délais, le bail vide se reconduit et la reprise est reportée à l'échéance suivante, trois ans plus tard.
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