Fiscalité

Amortir en location nue : le statut du bailleur privé

12 min de lectureÉquipe Coziloc

Loi de finances 2026 : un logement loué nu en immeuble collectif s'amortit de 3 % à 5,5 % par an, dans un plafond de 8 000 €. Règles, calcul, zones floues.

« En location nue, on n'amortit pas » : la phrase que répétaient les guides d'investissement a cessé d'être vraie le 21 février 2026. La loi de finances pour 2026 permet désormais d'amortir un logement loué nu, mais dans un couloir étroit : un appartement en immeuble collectif, un loyer plafonné, neuf ans d'engagement et, dans le cas général, 8 000 € de déduction au plus par an pour tout le foyer. Le texte tient en deux lettres de l'article 31 du code général des impôts, et l'administration fiscale ne l'a pas encore commenté. Voici ce qu'il dit exactement, ce qu'il laisse ouvert, et les situations où il mérite le calcul.

Ce que l'article 47 de la loi de finances pour 2026 a créé

L'article 47 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, publiée au Journal officiel du 20 février, introduit deux lettres au 1° du I de l'article 31 du CGI (Légifrance, article 47). Le i vise les logements acquis neufs ou en l'état futur d'achèvement, et ceux que le contribuable fait construire. Le j vise les logements anciens acquis qui font ou ont fait l'objet de travaux lourds. Les deux ouvrent, « à la demande du contribuable », une déduction au titre de l'amortissement du prix d'acquisition du logement net de frais, pour les acquisitions réalisées entre le 21 février 2026, lendemain de la publication, et le 31 décembre 2028. Pour un logement que le contribuable fait construire, c'est la date de dépôt de la demande de permis de construire qui compte (Légifrance, article 31 du CGI).

L'idée n'est pas neuve : les régimes Périssol, Robien ou Borloo neuf, que la notice de la déclaration n° 2044 cite encore, amortissaient déjà en revenus fonciers. Le cadre, lui, est nouveau.

Les appellations « statut du bailleur privé » et « dispositif Jeanbrun » ne figurent ni dans l'article 47 ni dans l'article 31 du CGI. La première apparaît en tête du formulaire n° 2044-EB du millésime 2026, mais ce formulaire ne concerne que les engagements Pinel, Denormandie et Scellier joints à la déclaration des revenus de 2025 (impots.gouv.fr, formulaire n° 2044-EB). Autre piège : la lettre i désignait auparavant une déduction pour mobilité professionnelle du bailleur, éteinte depuis l'imposition des revenus de 2013 (BOFiP, BOI-RFPI-SPEC-20-60) : une source qui cite « article 31, I-1°-i » sans date peut viser cet ancien dispositif.

Au 26 septembre 2026, le BOFiP n'a publié aucun commentaire de ces deux lettres, même en consultation publique, et son barème 2026 des plafonds de loyer et de ressources, mis en ligne le 10 mars, ne vise que les dispositifs antérieurs (BOFiP, BOI-BAREME-000017). Tout ce qui suit repose donc sur le seul texte de loi.

Neuf ou ancien rénové : les deux lettres côte à côte

i : logement neufj : logement ancien rénové
Logements visésAcquis neufs ou en l'état futur d'achèvement, ou construits par le contribuableAcquis avec des travaux, avant ou après l'achat, produisant un immeuble neuf, ou d'amélioration d'au moins 30 % du prix, avec réhabilitation lourde
AssiettePrix d'acquisition net de fraisPrix d'acquisition net de frais, majoré le cas échéant des travaux
Terrain exclu20 % forfaitaires20 % forfaitaires
Taux, loyer intermédiaire3,5 %3 %
Taux, loyer social4,5 %3,5 %
Taux, loyer très social5,5 %4 %
FenêtreAcquisition ou dépôt du permis du 21 février 2026 au 31 décembre 2028Acquisition du 21 février 2026 au 31 décembre 2028
Plafond annuel8 000 € par foyer pour i et j réunis, majoré de 2 000 € ou 4 000 € si 50 % au moins des revenus bruts de ces logements sont respectivement sociaux ou très sociauxLe même plafond, partagé
DuréeAucune fixée : le cumul ne peut excéder la valeur hors terrainAucune fixée : même limite

Les conditions communes, sans exception

Le bâtiment. Le logement est situé en France dans un bâtiment d'habitation collectif au sens du 6° de l'article L. 111-1 du code de la construction et de l'habitation : « un bâtiment à usage principal d'habitation regroupant plus de deux logements partiellement ou totalement superposés » (Légifrance, article L. 111-1 du CCH). Une maison, même divisée en deux logements, n'y entre pas.

La location. Le logement est loué nu, à usage d'habitation principale, « de manière effective et continue », pendant neuf ans au moins, à une personne autre qu'un membre du foyer fiscal et qu'un parent ou allié jusqu'au deuxième degré inclus. La location prend effet dans les douze mois de l'achèvement ou de l'acquisition.

Les plafonds. Le loyer et les ressources du locataire, ces dernières appréciées à la signature du bail, respectent les plafonds du dispositif Pinel (III de l'article 199 novovicies du CGI) pour le niveau intermédiaire, et ceux de la réduction Loc'Avantages (article 199 tricies) pour le social et le très social. Aucune zone n'est exclue : la localisation ne joue que sur le niveau des plafonds.

L'option. Elle s'exerce avec la déclaration des revenus de l'année d'achèvement, ou de l'acquisition si elle est postérieure, et elle est irrévocable pour le logement.

La détention. Une société non soumise à l'impôt sur les sociétés peut en bénéficier si l'associé conserve toutes ses parts jusqu'au terme des neuf ans. Le démembrement est exclu, sauf reprise par le conjoint survivant quand il résulte du décès de l'un des époux soumis à imposition commune.

Le j suppose des travaux lourds, et la notion n'est pas encore bornée

Pour l'ancien, le texte vise d'abord les logements « qui font ou ont fait l'objet de travaux concourant à la production ou à la livraison d'un immeuble neuf », au sens de la TVA. Il vise aussi ceux « pour lesquels les travaux d'amélioration représentent au moins 30 % du prix d'acquisition, qui satisfont les critères d'une réhabilitation lourde », par renvoi au 7° du II de l'article 150 U du CGI. Pour cet article, le décret n° 2025-913 du 5 septembre 2025 définit la réhabilitation lourde par un niveau de performance énergétique et environnementale et par des critères de sécurité d'usage, de qualité sanitaire et d'accessibilité (Légifrance, décret n° 2025-913).

Ce double renvoi laisse deux questions ouvertes (voir plus bas) : ne financez pas une rénovation légère sur la promesse du j.

Si les travaux ont été faits avant l'achat, par un marchand de biens par exemple, le logement ne doit avoir été ni utilisé ni occupé depuis leur achèvement. Et les travaux amortis ne se déduisent pas une seconde fois : le texte écarte, pour leur montant, les a et b du 1° du I de l'article 31, qui fondent la déduction ordinaire des travaux de réparation, d'entretien et d'amélioration.

Exemple chiffré : un appartement ancien rénové, loué au niveau intermédiaire

L'exemple isole la mécanique du j, sur une hypothèse que le texte ne tranche pas.

  • Le foyer est imposé dans la tranche à 30 % et supporte 17,2 % de prélèvements sociaux sur ses revenus fonciers : chaque euro de revenu foncier en moins vaut 47,2 centimes, hors effet de la CSG déductible. Il détient déjà deux appartements loués nus au réel, qui dégagent 9 000 € de revenu foncier net par an.
  • L'achat : en avril 2026, un appartement dans un immeuble de douze logements, 250 000 € hors frais d'acquisition, puis 90 000 € de travaux (36 % du prix), achevés en septembre 2026 et supposés remplir les critères de réhabilitation lourde.
  • La location : bail nu signé en novembre 2026, 900 € par mois hors charges, supposés sous le plafond intermédiaire de la zone.

Le calcul porte sur 2027, première année pleine : le texte ne dit pas comment traiter la fraction d'année 2026.

L'annuité, sous l'hypothèse d'une base à 80 %

ÉtapeCalculMontant
Prix majoré des travaux250 000 + 90 000340 000 €
Terrain exclu forfaitairement340 000 × 20 %68 000 €
Base amortissable, hypothèse retenue340 000 − 68 000272 000 €
Annuité au taux intermédiaire du j272 000 × 3 %8 160 €
Déduction retenuePlafond de 8 000 € par foyer8 000 €

L'effet sur le revenu foncier de 2027

PosteMontant
Loyers encaissés, 900 × 1210 800 €
Intérêts d'emprunt et assurance emprunteur− 5 400 €
Taxe foncière− 950 €
Assurance propriétaire non occupant− 170 €
Charges de copropriété non récupérables− 480 €
Résultat avant amortissement3 800 €
Amortissement déduit− 8 000 €
Résultat du logement− 4 200 €

Au niveau du foyer : 9 000 − 4 200 = 4 800 € de revenu foncier net, contre 12 800 € sans amortissement. Si la baisse reste dans la tranche à 30 %, l'économie annuelle est de 8 000 × 47,2 % = 3 776 €, dont 2 400 € d'impôt sur le revenu et 1 376 € de prélèvements sociaux. Le revenu foncier global reste positif, et c'est voulu : le sort d'un déficit issu de l'amortissement n'est pas tranché.

L'autre lecture ne change rien ici : appliqué au prix total, le taux donnerait 340 000 × 3 % = 10 200 €, ramenés aussi à 8 000 €. L'écart compte sous le plafond : pour 200 000 € de prix majoré des travaux, l'annuité serait de 4 800 € dans la première lecture (160 000 × 3 %) et de 6 000 € dans la seconde. Au taux de 3 %, le plafond neutralise l'écart à partir d'environ 333 000 €.

Sur neuf années pleines, 72 000 € auront été déduits, pour une économie de l'ordre de 34 000 € dans ces hypothèses, loin de la limite du cumul de 272 000 €. Mais ces 72 000 € reviennent à la revente.

Micro-foncier, rupture, plus-value : ce que l'amortissement coûte ensuite

Un seul logement fait sortir tout le foyer du micro-foncier

Le 2° de l'article 47 ajoute les i et j au c du 2 de l'article 32 du CGI. Le micro-foncier ne s'applique donc plus dès que le contribuable ou un membre de son foyer est propriétaire d'un logement pour lequel l'une de ces déductions est demandée (Légifrance, article 32 du CGI). La sortie vaut pour tous ses biens loués nus, et le e du même article l'étend aux parts de sociétés relevant de l'article 8 du CGI qui louent un tel logement.

L'exclusion ne pèse que si vos revenus fonciers bruts ne dépassent pas 15 000 €, logement nouveau compris. Un studio loué 7 800 € par an, avec 1 200 € de charges, était imposé au micro-foncier sur 5 460 €. Si le foyer achète un petit logement placé sous le i ou le j, loué 6 000 € par an, le total de 13 800 € reste sous le seuil, mais le studio passe au réel. Sa base monte alors à 6 600 €, soit environ 538 € d'impôt et de prélèvements sociaux en plus chaque année à 47,2 %, à retrancher de l'avantage. Notre article sur le seuil de 15 000 € du micro-foncier détaille l'arbitrage.

Revendre ou cesser de louer avant neuf ans

Le revenu net foncier de l'année où l'un des engagements n'est pas respecté est majoré de tous les amortissements déduits. Pour l'impôt sur le revenu, la majoration est divisée par le nombre d'années de déduction, ajoutée au revenu global, et l'impôt supplémentaire obtenu est multiplié par ce même nombre : le quotient atténue la progressivité, il n'efface rien. La reprise est écartée en cas d'invalidité de deuxième ou troisième catégorie, de licenciement, ou de décès du contribuable ou de l'un des époux soumis à imposition commune.

Revente, reprise pour habiter, passage en meublé ou location à un proche exclu rompent l'engagement.

À la revente, un différé et non une exonération

Le 3° de l'article 47 complète le III de l'article 150 VB du CGI. Désormais, « le prix d'acquisition est minoré du montant des amortissements admis en déduction en application des i et j du 1° du I de l'article 31 ou de l'article 39 C » (Légifrance, article 150 VB du CGI). Le meublé y est soumis depuis la loi de finances pour 2025.

Dans l'exemple, les 72 000 € déduits augmentent d'autant la plus-value brute. Ce supplément est taxé à 19 % d'impôt sur le revenu et à 17,2 % de prélèvements sociaux, après un abattement pour durée de détention qui ne commence qu'à la sixième année. Il peut aussi faire franchir le seuil de 50 000 € de plus-value imposable qui déclenche la surtaxe (voir notre calcul de la plus-value pas à pas).

Le bilan dépend donc du taux marginal. À 30 % ou 41 %, chaque euro déduit a économisé 47,2 ou 58,2 centimes, et sa réintégration en coûte au plus 36,2 avant abattements, hors surtaxe. À 11 %, l'économie n'est que de 28,2 centimes : une revente précoce peut coûter plus que ce que l'amortissement a rapporté.

À qui ce régime peut servir, et à qui il ne sert pas

SituationVerdictRaison
Bailleur au réel, fortement imposé, qui conserve longtempsCandidat naturelJusqu'à 8 000 € déduits par an, à 47,2 % ou davantage
Projet portant sur une maison individuelleExcluBâtiment d'habitation collectif exigé
Bailleur au micro-foncier qui possède d'autres biens loués nusÀ chiffrerTout le foyer passe au réel
Revente envisagée avant neuf ansDéfavorableReprise au quotient, puis plus-value majorée
Location prévue à un enfant ou à un parentExcluProches jusqu'au deuxième degré écartés
Rénovation légère d'un appartement ancienIncertain30 % de travaux et réhabilitation lourde requis

L'erreur la plus fréquente, dans les simulations qui circulent, consiste à raisonner par logement. Le plafond vaut pour tout le foyer : deux appartements neufs produisant chacun 8 750 € d'annuité à 3,5 % ne donnent pas 17 500 € de déduction, mais 8 000 €. Le plafond ne passe à 10 000 € ou 12 000 € que si la moitié au moins des revenus bruts des logements amortis relève du social ou du très social. La deuxième consiste à raisonner comme en Pinel : l'amortissement réduit une base, il ne s'impute pas sur l'impôt, et une partie revient à la revente.

Location nue amortie ou meublé au réel : deux logiques à comparer

Le meublé au régime réel reste l'autre voie pour amortir, avec d'autres règles.

Location nue, i et j de l'article 31Meublé au réel
Logements éligiblesAppartement en immeuble collectif acquis de 2026 à 2028Tout logement meublé, maison comprise
TerrainExclu forfaitairement à 20 %Exclu pour sa valeur estimée
RythmeTaux fixé par la loi, de 3 % à 5,5 %Durée d'usage de chaque composant
Plafond annuel8 000 €, 10 000 € ou 12 000 € par foyerAucun en montant, mais pas de déficit créé par l'amortissement
Conditions locativesPlafonds de loyer et de ressources, neuf ans, résidence principaleAucune imposée par le régime fiscal
Prélèvements sociaux17,2 %18,6 %
ReventePrix d'acquisition minoré des amortissementsMême règle depuis le 15 février 2025, hors certaines résidences de services

Aucun des deux ne l'emporte dans l'absolu. Le meublé amortit sans plafond ni condition de loyer, mais jamais au point de créer un déficit. La location nue amortie accepte un loyer plafonné et neuf ans d'engagement, contre un taux légal connu d'avance. Tout dépend de l'immeuble, du loyer visé et de l'horizon de détention. Notre page sur l'amortissement en LMNP au réel détaille la mécanique du meublé.

Ce que la loi ne dit pas encore, et ce qui pourrait changer

QuestionCe que dit le texteCe qui reste ouvert au 26 septembre 2026
Base du tauxTerrain exclu à 20 %, cumul limité à la valeur hors terrainTaux appliqué à 80 % du prix, ou au prix total dans la limite du cumul
Prix « net de frais »L'assiette est le prix d'acquisition net de fraisFrais exclus de l'assiette, et leur sort fiscal
Réhabilitation lourdeRenvoi au 7° du II de l'article 150 UUne ou deux branches concernées, portée du décret n° 2025-913
Travaux du jAssiette majorée « le cas échéant » des travaux, sans double déductionTravaux retenus, délai, frontière avec l'entretien ultérieur
DéficitAucune limite propre à l'amortissement, article 156 inchangé sur ce pointPossibilité d'un déficit imputable sur le revenu global
Première annéeDépart au premier jour du mois d'achèvement ou d'acquisitionProrata de l'annuité et du plafond
Loyers sociauxRenvoi aux plafonds et catégories de l'article 199 triciesNécessité ou non d'une convention avec l'Anah
VacanceLocation « effective et continue »Tolérance entre deux locataires
Rupture et reventeReprise au revenu foncier, prix d'acquisition minoréCumul des deux en cas de revente avant neuf ans
DéclarationOption avec la déclaration de l'année d'achèvement ou d'acquisitionFormulaire non publié ; la « 2044-EB » citée ailleurs n'est pas confirmée

Le déficit est la question la plus sensible pour un achat à crédit. Une lecture répandue veut que l'amortissement puisse alimenter un déficit imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 €, selon les règles détaillées dans notre article sur l'ordre d'imputation du déficit foncier : l'administration ne l'a ni confirmée ni infirmée. Bâtissez donc le plan de financement sur l'hypothèse la moins favorable.

Un projet de loi, pas encore du droit

Le projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement, déposé au Sénat le 25 juin 2026 en procédure accélérée, y a été adopté en première lecture le 8 juillet 2026 (texte n° 157) et transmis à l'Assemblée nationale le 9 juillet. Sa commission des affaires économiques a déposé son rapport (n° 3188) le 23 septembre ; au 26 septembre, le texte de la commission n'est pas publié et la séance publique n'a pas eu lieu.

Dans la version du Sénat, son article 4 réécrirait le premier alinéa du j. Les travaux d'amélioration devraient porter le logement au moins en classe D du diagnostic de performance énergétique (en classe E s'il était classé G), au lieu des 30 % du prix et de la réhabilitation lourde. La transformation de locaux en logements serait admise, et la mention du bâtiment d'habitation collectif n'y figurerait plus. Il lèverait aussi, pour le i comme pour le j, l'exclusion de la location aux parents et alliés jusqu'au deuxième degré, et organiserait l'accès des SCPI. Aucune de ces mesures n'est en vigueur : l'Assemblée peut encore les modifier, et le projet de loi de finances pour 2027 peut lui aussi retoucher le dispositif.

Votre checklist avant de signer

  1. Vérifier la date : acquisition, ou dépôt du permis de construire pour une construction, entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028.
  2. Vérifier l'immeuble : un bâtiment d'habitation collectif de plus de deux logements superposés, jamais une maison.
  3. Pour l'ancien, documenter les travaux : au moins 30 % du prix, des factures par lot, et les justificatifs de réhabilitation lourde prévus par le décret n° 2025-913.
  4. Choisir le niveau de loyer et contrôler loyer et ressources du locataire à la signature du bail, pièces à l'appui.
  5. Chiffrer au niveau du foyer : un plafond commun à tous les logements amortis, et la sortie du micro-foncier pour vos autres biens.
  6. Projeter la sortie : neuf ans au moins, reprise au quotient en cas de rupture, plus-value majorée à la revente.
  7. Exercer l'option au bon moment, avec la déclaration de l'année d'achèvement ou d'acquisition (voir notre guide de la déclaration des revenus fonciers). Si vous gérez vos biens vous-même dans Coziloc (compte auto-gestionnaire), l'ouverture de la période déclarative remonte sur votre tableau de bord avec sa date limite.
  8. Conserver les preuves : acte, factures, bail, ressources du locataire et tableau des amortissements, jusqu'à la revente puis pendant le délai de reprise.

Points clés

  • Depuis le 21 février 2026, un logement loué nu peut être amorti, à condition d'être situé dans un bâtiment d'habitation collectif et acquis au plus tard le 31 décembre 2028 : une maison individuelle ou un bien déjà détenu n'y ouvre pas droit.

  • Le taux annuel dépend du logement et du loyer : 3,5 %, 4,5 % ou 5,5 % dans le neuf, 3 %, 3,5 % ou 4 % dans l'ancien rénové, selon que le loyer est intermédiaire, social ou très social.

  • Les amortissements déductibles sont plafonnés à 8 000 € par an pour l'ensemble du foyer fiscal, 10 000 € ou 12 000 € lorsque la moitié au moins des revenus bruts de ces logements relève du social ou du très social.

  • Un seul logement placé sous ce régime fait sortir tout le foyer du micro-foncier, y compris pour ses autres biens loués nus.

  • L'avantage est un différé d'imposition : les amortissements déduits minorent le prix d'acquisition retenu pour la plus-value, et une rupture de l'engagement de neuf ans les réintègre au revenu foncier.

  • Au 26 septembre 2026, ni le BOFiP ni les formulaires déclaratifs ne commentent ce régime, et plusieurs règles de calcul restent ouvertes.

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Questions fréquentes

Non. Le texte ne vise que les logements acquis entre le 21 février 2026, lendemain de la publication de la loi de finances, et le 31 décembre 2028, ou, pour un logement que vous faites construire, ceux dont la demande de permis de construire est déposée dans cette période. Un appartement acheté avant cette date n'y ouvre pas droit, même si vous y engagez aujourd'hui de lourds travaux. L'option se prend d'ailleurs une seule fois, avec la déclaration des revenus de l'année d'achèvement ou d'acquisition.

Non. Le logement doit être situé dans un bâtiment d'habitation collectif au sens du 6° de l'article L. 111-1 du code de la construction et de l'habitation, qui le définit comme un bâtiment à usage principal d'habitation regroupant plus de deux logements partiellement ou totalement superposés. Une maison, même divisée en deux logements, n'entre pas dans cette définition. Pour amortir une maison détenue en nom propre, il reste la location meublée au régime réel, qui obéit à d'autres règles.

La revente rompt l'engagement de location. Le revenu net foncier de l'année de rupture est alors majoré de tous les amortissements déduits, avec un système de quotient qui étale leur poids sur le nombre d'années de déduction pour le calcul de l'impôt sur le revenu. La reprise est écartée en cas d'invalidité de deuxième ou troisième catégorie, de licenciement ou de décès du contribuable ou de l'un des époux soumis à imposition commune. Le traitement de la plus-value dans ce cas n'est pas encore commenté.

Non. Le locataire doit être une personne autre qu'un membre de votre foyer fiscal et qu'un parent ou allié jusqu'au deuxième degré inclus. Sont donc exclus vos enfants, vos parents, vos petits-enfants, vos grands-parents, vos frères et sœurs, ainsi que les mêmes degrés du côté de votre conjoint. Si le logement appartient à une société non soumise à l'impôt sur les sociétés, l'associé à qui il est loué, ou dont l'un de ces proches est locataire, perd la déduction. Un projet de loi adopté par le Sénat le 8 juillet 2026 lèverait cette exclusion pour le i comme pour le j, mais il n'est pas définitivement adopté.

Le Pinel était une réduction d'impôt, calculée sur le prix de revient du logement et imputée sur l'impôt dû, réservée aux investissements réalisés jusqu'au 31 décembre 2024. Le nouveau régime est une déduction du revenu foncier : sa valeur dépend de votre taux marginal d'imposition et des prélèvements sociaux, et elle revient en partie à la revente par la minoration du prix d'acquisition. Principal point commun : pour le niveau de loyer intermédiaire, les plafonds de loyer et de ressources sont ceux du Pinel.

L'option s'exerce lors du dépôt de la déclaration des revenus de l'année d'achèvement du logement, ou de son acquisition si elle est postérieure. Pour un logement acquis et achevé en 2026, c'est la déclaration des revenus de 2026, déposée au printemps 2027. Au 26 septembre 2026, aucun formulaire ni aucune notice ne décrit les lignes à remplir. Le formulaire n° 2044-EB du millésime 2026 porte bien la mention « Statut du bailleur privé », mais il ne concerne que les engagements Pinel, Denormandie et Scellier.

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